On scène

jan 20, 2012 by

« Tu pleures ?
- Non. »
Elle pleure. Lui non. Ils éclatent : une scène. Ils se donnent en spectacle, sur scène.
Elle est comédienne, il est metteur en scène. Il déteste toutes les comédiennes. Elle n’est
pas toutes les comédiennes ; elle est elle. Il lui écrit un rôle : elle.

« Tu me fais peur. »
Ca le fait rire. Il se fait peur ; il la laisse partir.

« Je pars. »
Elle commence par la fin. Au commencement, à la fin, elle revient.

« Pourquoi m’as tu laissée partir ? »
Il l’a laissée revenir. Il ne peut pas vivre sans elle. Il peut ne pas vivre ; pas sans elle.

« Je suis prêt. »
Elle l’était. Elle est partie ; elle a pris l’air. Il est tombé par terre.

« Je suis là.
- Tu n’es pas là. »
Elle l’aime encore. Elle l’appelle : « Je t’aime ». Il est d’accord.

« Auriez-vous du feu ? »
Elle aime le feu. Il l’aime. Il rallume le feu.

Ils sont sans nom. Ils sont on. On est il, on est elle. On monte sur scène.
 

Sans commencement, sans fin. On entre plus tôt dans l’histoire, on en ressort plus tard.
Entretemps, on assiste à une touchante interprétation des tours, détours et retours propres
à toute scène d’amour, scène que l’on a tous jouée un jour. Ils se disent tu, ils se disent
vous, ils se disent tus, ils se disent tout. Le temps d’une scène, qui dit tout.

Une scène écrite et mise en scène par Diastème (Patrick Asté), mise en lumière par
Stéphane Baquet, mise en son par Thomas Lefèvre, et jouée juste par Julien Honoré et
Andréa Brusque, sur scène jusque début mars au Ciné 13 Théâtre de Montmartre.
 

Ciné 13 Théâtre
1 avenue Junot 75018 Paris
01 42 54 15 12

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