L’une et l’autre l’aliènent

fév 20, 2012 by

« Je t’aime.
- Déjà ? »
Déjà. Après cent soixante-deux « Je pense à l’une », l’autre passe par là, prend la place de cent soixante-trois.

« On lit ?
- Au lit ? »
L’autre lit l’une écrite par lui. Auteur, réalisateur, acteur ; son théâtre est sa thérapie. Ainsi, après première impression sur photographie, l’autre répète l’une et lui. On lit, pas au lit. 

« Elle, c’est vous, vous toi. »
L’une, c’est l’autre, pour lui tout autant. Mais l’autre entreprend. Et lui perd l’une, se reprend. L’autre lui réapprend.

« Tu es seul ? »
Oui, deux fois. L’une est repassée, après cent soixante-deux fois. Mais l’autre ne s’y méprend pas. Alors lui réécrit ; elle deux fois.

« Au théâtre, peut-on faire semblant d’aimer ? »
Peut-on faire semblant de ne pas se faire gifler par un baiser plus nu qu’une scène osée ? Par l’une ou par l’autre, oui ou non ? La solution : une Italienne, sans l’émotion.

C’est tout en nuances qu’Astrid De Saint-Exupéry et Eric Rolland incarnent deux acteurs le cul vacillant entre la cicatrice et son auteur et l’actrice et son réalisateur, alternant l’une et l’autre pour arriver répétés à la première, rapprochés. Partant d’une pièce prêtée par Eric Assous, David Garcia installe autour d’un canapé une tragédie actualisée dont la prose spontanée sait parler à tous.

La compagnie Les Petits Joueurs fait L’Italienne cinq soirs par semaine sur la scène du Théâtre du Funambule à Montmartre. 

Le Funambule Montmartre
53 rue des Saules 75018 Paris
01 42 23 88 83

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