Erik Satie

mai 27, 2010 by

Eric Satie (1866-1925) a 21 ans lorsqu’il emménage à Montmartre en 1887. Pianiste et grand compositeur français, le jeune homme y fait la connaissance de nombreux poètes comme Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine ou encore Patrice Contamine.

Les quelques années que passe Erik Satie au Conservatoire de Paris avant de s’installer à Montmartre sont un véritable échec pour ses professeurs. Emiles Descombes dit de lui qu’il est l’étudiant « le plus fainéant du conservatoire » ! Georges Mathias estime quant à lui sa technique « laborieuse ». C’est pourtant lui qui, le premier, comprend le talent du jeune homme pour la composition et le pousse à se diriger dans cette voie. Après avoir quitté le Conservatoire, le père d’Erik publie les premiers travaux de son fils : les Trois Sarabandes en 1887, les Trois Gymnopédies en 1888 et quelques autres compositions.

Le quartier lui plaît. Quelques années après son arrivée, il déménage au 6 rue Cortot et fréquente, entre autres, le café-cabaret Le Chat noir. Il y fait la connaissance de Claude Debussy, qui orchestrera en 1896 les parties n°1 et 3 des Trois Gymnopédies. Erik Satie inspirera de nombreux compositeurs des années 1900 à 1920. Maurice Ravel jouera Le Fils des étoiles en 1919, Francis Poulenc reprendra une partition des Trois Gnossiennes en 1939 et Jean Cocteau travaillera même avec lui à partir de 1916. Avec son nouvel acolyte, il sera le père spirituel du Groupe des Six, composé de Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre.

En 1893, Erik Satie tombe sous le charme d’une artiste peintre, Suzanne Valladon, qui lui brise le cœur. Il compose alors Vexations, un thème construit à partir d’une mélodie courte qu’il faut répéter 840 fois. La pièce intégrale dure près de 20 heures ! Cette même année, en quête de spiritualité, Erik Satie va même jusqu’à créer sa propre église : l’« Église métropolitaine d’art de Jésus-Conducteur » dont il est à la fois le trésorier, le grand-prêtre… et le seul fidèle.

Deux ans plus tard, un héritage lui permet de vivre un peu plus confortablement et de changer son habit de moine pour un costume en velours, couleur moutarde, en sept exemplaires. Hélas, le désormais surnommé « Velvet Gentleman » (ndrl : « le gentleman de velours ») n’a rapidement plus d’argent. En 1897, il est contraint de quitter la butte Montmartre pour la ville d’Arcueil.

Portrait d'Erik Satie par Suzanne Valladon (1893)

Portrait d'Erik Satie par Suzanne Valladon (1893)

 

Ses œuvres

Erik Satie: projet de buste, autoportrait, 1913

Erik Satie: projet de buste, autoportrait, 1913

Pour piano seul
  • Ogives I, II, III, IV pour piano (1886)
  • Gymnopédies I, II et III en grec « fêtes des enfants nus » (1888)
  • Gnossiennes I, II, III, IV, V, VI, VII (1890)
  • Vexations (1893)
  • Pièces froides – trois airs à fuir (1897)
  • Pièces froides – trois danses de travers (1897)
  • Prélude de la porte héroïque du ciel (1897)
  • Jack in the Box (1899)
  • Trois Morceaux en forme de poire (1903)
  • Le Picadilly (1904)
  • Prélude en tapisserie (1906)
  • 4 Préludes flasques (pour un chien) (1912)
  • Embryons desséchés (1913)
  • Vieux Sequins et Vieilles Cuirasses (1913)
  • Les 3 valses distinguées du précieux dégoûté (1914)
  • Avant-dernières pensées (1915)
  • Sonatine Bureaucratique (1917)
  • Nocturnes I, II, III, IV, V (1919)
  • Deux rêveries nocturnes (1919)
  • Mercure (1925)
Vocales
  • Messe des pauvres (1895)
  • Je te veux (valse chantée) (1902)
  • La statue de bronze
  • Daphénéo
  • Le Chapelier
  • Socrate (1918)’
  • « les ludions » cycle de 5 mélodies pour piano et voix sur des poèmes de Léon-Paul Fargue

(air du rat, spleen, la grenouille américaine, air du poète, chanson du chat) editées en 1926 aux éditions Salabert

Pour orchestre
  • Parade, musique pour le ballet de Léonide Massine et les Ballets russes
  • Relâche, musique pour le ballet de Jean Börlin et les Ballets suédois (avec des séquences pour le film Entr’acte)
  • Jack in the Box, ballet (1926)
Écrits
  • Écrits, éditions Champ libre, Paris, 1977

Enregistrements

Intégrales
  • Jean-Yves Thibaudet, Decca
  • Aldo Ciccolini, devenue incomplète avec la découverte de nouvelles partitions, EMI
  • Jean-Joël Barbier, avec Jean Wiener pour les pièces à quatre mains, Accord
  • Jean-Pierre Armengaud, avec Dominique Merlet pour les pièces à quatre mains, Mandala
Intégrale de l’œuvre pour piano à quatre mains
  • Duo Campion/Vachon, Analekta
Autres interprètes
  • Jacques Loussier,Laurence Allix, Hakon Austbö, André Bernot, Chantal de Buchy, John Mac Cabe, France Clidat, Eveline Crochet, Peter Dickinson, Reinbert de Leeuw, Francis Poulenc et Jacques Février, Daniel Varsano, Alexandre Tharaud, Anne Queffélec, Stéphane Blet.

Bibliographie

  • Anne Rey, Érik Satie, Éditions du Seuil – Collection Solfèges, no 35, 1974
  • Érik Satie, Écrits, éditions Champ Libre, 1977
  • Vincent Lajoinie, Érik Satie, édition L’Âge d’Homme Lausanne 1985
  • Michel Faure, Debussy et Satie : Deux frères ennemis ou Les chassés-croisés du social, du psychique et du musical, in Écouter/Voir, no 59, novembre 1996.
  • Michel Faure, L’Antithèse Schoenberg/Satie : Vienne la rouge et la France bleu-horizon in « Du néoclassicisme dans la France du premier XXe siècle », Paris, 1997
  • Jean-Pierre Armengaud, Erik Satie, Fayard, Paris, 2009.

Leave a Comment