Du coeur en choeur, ou comment la passion d’une femme peut réunir les corps.

jan 30, 2012 by

Arlette Denis

Arlette Denis, accompagnée de son orgue de Barbarie.

Il existe une vérité bien ancrée, partout, dans les mœurs, et presque évidente : on ne peut pas parler de Montmartre sans parler de ses artistes. C’est donc avec pudeur que je suis allée rencontrer la talentueuse Arlette Denis sur la Place Jean Marais, en haut de la butte Montmartre, et à deux pas de la fameuse Place du Tertre. Elle chante alors Mon amant de St Jean, accompagnée par un Orgue de Barbarie, instrument de musique à vent datant du XVIème siècle. Son sourire radieux est communicatif, je me prends au jeu et finis par sourire moi aussi. Visiblement, c’est le plaisir des autres qui fait le sien, puisqu’elle cherche à croiser les regards des spectateurs avec passion et avidité. Les badauds s’arrêtent, et finissent par former un demi-cercle autour de notre vedette locale. Certains prennent des photos, d’autres filment. D’autres encore se mettent à danser. On est tous transportés dans le Paris d’antan, le temps d’une chanson. Quelques réminiscences, puis le silence. Enfin, tout le monde applaudit et les gens se dispersent. J’en profite alors pour m’approcher d’elle, et lui poser quelques questions. Cette grande dame de la chanson française n’est pas une débutante, et ça se voit. En l’an 2000, elle a même remporté la Palme d’Or nationale des chanteurs de rue avec son spectacle Macadam Universel. Son timbre de voix puissant ne laisse pas indifférent, quelque que soit le registre émotionnel de ses textes. Chanter du Piaf ? Surement très facile, pour elle. Et c’est bien ce que viennent chercher les touristes en mal de rétrospectives nostalgiques.  Rapidement, elle m’explique que ce qu’elle recherche dans la musique ce n’est pas le bonheur en soi, elle n’y crois pas, mais plutôt les instants de bonheur que l’on peut vivre au quotidien. Si on ne les saisis pas au vol, c’est trop tard, on ne pourra plus jamais les vivre. Ils sont fugaces et éphémères mais laissent un souvenir qui peut être éternel. Pour elle, c’est précisément ce qui en fait des moments précieux. Artiste engagée, elle me raconte son combat pour la reconstruction d’Haïti après le séisme, à travers son morceau Île Haïti, dont les bénéfices sont entièrement reversés à la Croix Rouge Française. Ce qui est sur, c’est qu’Arlette Denis a le cœur sur la main, et la tête sur les épaules.

Vous pouvez la suivre sur son site internet : http://www.arlettedenis.com/
Pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez également vous y procurer son coffret intégral de 6 CD où figurent ses 83 chansons.

Related Posts

Share This

Leave a Comment